
- Date de naissance : 2 octobre 1741
- Lieu de naissance Villeneuve-de-Berg (France)
- Date de décès : 5 octobre 1820
- Lieu de décès Paris (France)
- Nationalité :
France - Personne
Augustin de Barruel, appelé Augustin Barruel, né à Villeneuve-de-Berg le et mort à Paris le , est un prêtre jésuite, et essayiste polémiste catholique français.
Ses travaux consistent à affirmer que la Révolution française n'a pas été un mouvement de révolte spontanée du peuple, mais un processus organisé pendant plusieurs décennies dans des loges et dans des clubs — en particulier celui des Jacobins — afin de permettre à la bourgeoisie libérale de s'emparer du pouvoir.
Biographie
Premières années et études
Fils d'Antoine de Barruel, seigneur de Chaix, et de Madeleine Meunier de La Coste, il fait ses humanités au collège de Tournon avant de devenir jésuite le . Après les années de formation spirituelle, il enseigne en 5e au collège de Toulouse. C'est là, le , que le surprend le décret de Louis XV expulsant les jésuites du royaume de France. Renvoyé chez ses parents, il apprend que le confesseur de la reine Marie Leszczynska recrute des jésuites français pour la Pologne et s’engage contre les vœux de ses parents. Il se rend d'abord en Pologne, puis en Bohême, où il termine ses études de théologie et est ordonné prêtre à Chomutov en . Il enseigne également en Moravie au collège d'Hradiště, et au collège Thérésien de Vienne, puis revient en France comme précepteur privé d'une famille aristocratique slovaque. Il se trouve à Avignon lorsque la Compagnie de Jésus est supprimée par le pape Clément XIV le .
Écrivain et polémiste
Devenu prêtre séculier par la force du décret pontifical, Barruel survit comme précepteur et se met à écrire. Il prend pension aux Missions étrangères, publie des vers en faveur de l'avènement de Louis XVI et collabore à L'Année littéraire de Fréron entre et .
Précepteur des enfants du comte de Lusace au château de Chaumot puis à celui de Pont-le-Roi de à , il y fit l'inventaire de la collection de milliers de manuscrits du prince de Saxe, aujourd'hui conservés à la Bibliothèque Mazarine.
En , il publie sous le titre des Helviennes des lettres anti-lumières contre les encyclopédistes et la philosophie des Lumières qui lui attirent les éloges de la presse. Il exerce sa verve de polémiste dans le Journal ecclésiastique dont il est presque le seul rédacteur entre 1788 et 1792. D'abord favorable aux idées nouvelles, — il renonce prudemment à la particule nobiliaire pour éviter la vindicte —, sa vigoureuse opposition à la constitution civile du clergé le contraint finalement à s'exiler à Londres en . Il est tout d'abord hébergé par le philosophe Edmund Burke qui, bien que franc-maçon, le félicitera pour son Mémoire pour servir… pourtant antimaçonnique.
Il a tout le loisir qu'il lui faut pour écrire son Histoire du clergé pendant la Révolution, parue en 1793, qui dénonce la persécution religieuse. Suivent ses Mémoires pour servir à l'histoire du Jacobinisme, parus en cinq volumes entre 1797 et 1803, qui connaissent un vif succès et sont traduits en plusieurs langues. Ces Mémoires développent la thèse d’une révolution antichrétienne fomentée par les philosophes, les francs-maçons et les Juifs.
Publication des Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme
Les Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme entendent montrer dans cinq volumes que la Révolution française résulte d'une conspiration fomentée par les philosophes athées, les francs-maçons, et certains protestants contre l'Église et la royauté. Cette affirmation a connu une postérité considérable dans les milieux contre-révolutionnaires.
Barruel soutient une théorie du complot selon laquelle les Illuminés de Bavière, fondés le
Ce n’est qu’un siècle plus tard, à l'avènement de la IIe République, que naît la légende révolutionnaire de la franc-maçonnerie, grâce à Alphonse de Lamartine qui n'est pas franc-maçon. Dans son acception radicale, sa thèse n'a été retenue par aucun historien, à l'exception, peut-être, de Louis Blanc et d'Augustin Cochin (1876-1916) dont l'œuvre a été interrompue par sa mort à la guerre.
Retour en France
Rentré en France après le Coup d'État du 18 Brumaire, Barruel ne reste pas inactif. En , il publie une apologie du Concordat, Du Pape et de ses droits religieux, qui lui vaut d'être nommé chanoine de la cathédrale de Paris par Napoléon. Cette lune de miel avec le pouvoir napoléonien ne dure pas. Il est emprisonné, en , pour avoir soutenu Pie VII, qui s'opposait à la nomination de Jean-Sifrein Maury comme archevêque de Paris
Le , il reçoit à Paris une lettre de Florence provenant d'un soldat italien, Giovanni Battista Simonini, dans laquelle ce dernier exprime la satisfaction que lui a procuré la lecture de ses Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme. Il tient toutefois à évoquer un témoignage personnel qui prend la forme d'une théorie du complot juif évoquant la thèse de la judéo-maçonnerie, la maçonnerie étant sous la direction du judaïsme. Selon Pierre-André Taguieff, Barruel aurait lui-même forgé les lettres de Simonini. Barruel transmet la lettre au pape Pie VII, qui lui répond par son secrétaire, puis au roi Louis XVIII.
Dès que la Compagnie de Jésus est rétablie par le pape Pie VII, en , Barruel demande à Pierre de Clorivière, supérieur religieux en France, d'y être réadmis. Par décision du supérieur général, il doit cependant faire à nouveau une année de noviciat. Il accomplit donc, de 1815 à 1816, à 73 ans et malgré son âge, son noviciat, à Saint-Acheul et prononce sa profession définitive le . Quatre ans plus tard Augustin Barruel meurt, à près de 80 ans.
Numéros d'identification
- ISNI (0000000081005444)
- VIAF ID (22138119)




